Don de tableaux par la Société d’Histoire à la Ville de Quimperlé, mercredi17 décembre 2025

Don de tableaux par la Société d’Histoire à la Ville de Quimperlé, mercredi17 décembre 2025

Photo : Le Télégramme

Comme les années précédentes, HPK a offert à la Ville deux tableaux car elle sait qu’elle a réduit ses achats, au profit d’autres priorités.

Le premier est un tableau de Brimeau Marcel Jean(1889-1990), « vue du pont fleuri, avec linge séchant sur la rampe » ; le peintre est un coloriste de la douceur et des teintes pastelles. Sa carrière connaît son apogée dans la 1ère moitié du XXe siècle. Il peint surtout la Bretagne. Ses œuvres se retrouvent dans les collections privées et publiques, et notamment dans le Fonds National d’Art Contemporain. Notons que le pont Fleuri a inspiré de très nombreux artistes et illustre les thèmes recherchés par les peintres : l’eau, le pittoresque d’un monument ancien, auxquels s’ajoutait le thème du marché.

Le deuxièmeest une œuvre de Désiré-Lucas (Louis Marie) est né à Fort-de-France en 1869  et mort à Douarnenez en 1949. Son père était Commissaire de la Marine et sa mère était créole ; la famille s’installe à Brest en 1871. En 1889, il obtient une bourse de la Ville de Brest qui lui permet d’être admis à l’académie Julian, renommée, puis il est admis à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Paysagiste doué, il est déçu après le refus de l’une de ses oeuvres en 1869. Sur les conseils de Gustave Moreau, il quitte Paris et vient s’installer à Vannes. Il avait sans doute rencontré Fernand Jeanneau, un médecin de marine, tombé amoureux de Quimperlé, où il avait rencontré son épouse au grand Hôtel du Lion d’Or, situé à la confluence et où descendaient habituellement les artistes de passage (comme Le Sidaner).  Pendant la Guerre 39-45,  la famille Jeanneau (lui, son épouse et sa sœur) résident chez les Corbière, une grande famille de commerçants de Lorient mais installés aussi à Quimperlé. Leur manoir récent était dans un parc en haut de la rue Savary, et la propriété comprenait aussi un vaste terrain au pied du Collège/Ecole Supérieure de Filles, dans lequel l’armée allemande creuse sur une des pentes, un abri ou un souterrain pour entreposer des armes ( ?).  Fernand Jeanneau y reste jusqu’à sa mort intervenue en 1956 ; il avait accumulé une collection de peintures parmi lesquelles « Les Rives de l’Isole et le pont Salé » de Désiré-Lucas qu’il admirait. C’est alors qu’Hervé Corbière achète ce tableau avec d’autres auprès de son épouse. En 2025, ce dernier propose à HPK de l’acquérir, tout en donnant son historique. Cette œuvre, dont Jeanneau peindra aussi une huile vue sous l’ angle, est une illustration de la proximité entre les deux peintres. Mais les édifices représentés, intéressent l’histoire de Quimperlé, car cette maison avec une tourelle était la maison où résidait le dernier sénéchal de Quimperlé, le fameux Joly de Rosgrand.  La maison construite à une époque où la rue de La Tour d’Auvergne n’existait pas encore (elle a été créée vers 1777), débordait donc côté rue, provoquant un rétrécissement gênant pour la circulation sur la nouvelle rue, ce qui poussa les Allemands en 1943 à la détruire. A sa place succéda plus tard, une banque, (sans cachet).

Alain Pennec

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